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Flash
Info
Semaine
de la santé mentale
La
psychiatrie publique aujourd'hui dans les Bouches du Rhône
A
l'occasion de la semaine de la santé mentale, qui se déroulera
du 18 au 22 mars 2002, la Communauté des Etablissements
Psychiatriques Publics des Bouches du Rhône, organise un
cycle de conférences ouvertes au public et aux professionnels
de santé du département.
Les thèmes des interventions sont :
-
L'organisation de la psychiatrie dans les Bouches du Rhône
- Le plan de santé mentale
- Les patients et leurs proches dans le dispositif de santé
mentale : problématique des usagers
- Le lancement du site Internet psy13.com
Les conférences se dérouleront :
le mercredi 20 mars 2002 à
20h00 à l'Auditorium du Centre Hospitalier Montperrin
le
jeudi 21 mars 2002 à 14h00 à la salle des Scéances
Publiques du Conseil Général
Prise en charge
du patient
Vie
des établissements
Centre
Hospitalier VALVERT
D'une
oasis... à l'autre
Lundi
3 septembre 2001 : une effervescence particulière règne
dans le service. Les valises s'entassent dans le bureau. On dirait
un départ en séjour de rupture, mais avec une espèce
de gravité, de sérieux en plus.
C'est le grand jour, c'est maintenant que le virage décisif
pour le devenir de la structure doit se négocier. Ce projet,
élaboré depuis des années, construit depuis
des mois, peaufiné depuis quelques semaines, entre dans
sa phase opérationnelle.
Les patients, hospitalisés à plein temps, depuis
l'enfance pour certains, partent pour la MAS " l'Eveil "
à Aubagne où ils vont vivre désormais. De
leur adaptation dépendra la possible restructuration de
la fédération, telle qu'elle a été
envisagée. Je croise les doigts : si un seul de ces patients
revient, dans un jour ou une semaine, c'est l'évolution
de l'Oasis telle qu'elle a été envisagée
qui est remise en question.L'ensemble de l'équipe s'est
mobilisé pour accompagner ce changement à partir
du projet médical .
Les
objectifs :
-
Poursuivre le travail en priorité en direction de personnes
souffrant d'autisme ou de psychose infantile, présentant
un degré variable de déficience mentale, âgés
de 16 ans et plus, dont la famille réside sur le territoire
desservi par les secteurs de l'établissement
.- Continuer à répondre aux besoins de soins de ces
patients en leur proposant une prise en charge au sein d'un dispositif
constitué de supports institutionnels diversifiés
(structures sanitaires, médico-éducatives et médico-sociales)
utilisés de manière individualisée et coordonnée
.- Ancrer fortement la fédération soins et vie (FSV)
dans le cadre d'un réseau dont les partenaires principaux
sont :
Les secteurs de Psychiatrie Infanto-juvénile, l'Unité
Mobile, les établissements médico-éducatifs,
les familles et les unités de soins des quatre secteurs de
psychiatrie générale et de la fédération
de soins de resocialisation et de réinsertion (FSRR) et les
établissements médico-sociaux.
- Instituer un dispositif de prévention efficace de l'hospitalisation
à temps plein en psychiatrie pour les adolescents et adultes
autistes et apparentés, développer la prévention
secondaire (traitement des troubles autistiques et psychotiques)
et la prévention tertiaire (lutte contre les handicaps secondaires
au processus morbide et iatrogène).
Les
modes de prise en charge
Actuellement,
deux modalités de soins complémentaires sont utilisées
:
- D'une part des soins ambulatoires assurés à l'UMA
de la FSV et d'autre part les interventions de réseau. Elles
comprennent les consultations, les entretiens familiaux, les réunions
cliniques et de coordination, les visites et les soins, notamment
au domicile et substituts (établissements médico-éducatifs
et médico-sociaux).
- Un centre de jour " Plus " de 12 places : l'Oasis
Situé dans les locaux de l'ancienne unité temps plein,
il est ouvert et propose un accueil à la carte allant jusqu'à
7 jours sur 7 et de 8h30 à 19h. Les patients viennent du
domicile familial, de structures socio-éducatives ou d'unités
d'hospitalisation plein temps.
L'hospitalisation de jour est une prestation personnalisée,
avec désignation de soignants référents assurant
l'accueil, l'articulation entre les différents intervenants,
la préparation et la présentation des synthèses,
la participation aux entretiens familiaux.
Elle offre à la fois la discontinuité au quotidien
et la continuité dans la durée, constituant un milieu
étayant les activités thérapeutiques et éducatives,
en petits groupes ou individuelles.
Les activités sont planifiées hebdomadairement, avec
organisation quotidienne le matin et inscription des patients présents,
en fonction des objectifs poursuivis et après évaluation.
Elles comportent les activités à médiation
corporelle (piscine, coiffure, esthétique, cheval, sport
),
les activités d'expression et de découverte (encastrements,
puzzles, collage, percussions, écoute musicale, peinture
)
les activités de réalité sociale (sorties dans
la cité, sorties de plein air, cinéma
).
Samedi
29 décembre 2001 : A la faveur d'une garde calme - la trêve
des confiseurs semble avoir touché même l'hôpital-
je monte à l'Oasis. Les changements sont très sensibles,
même si les transformations architecturales souhaitées
n'ont pas encore été réalisées. Les
portes sont ouvertes, l'ambiance est détendue, les patients
acceptent que je leur serre la main. C'est l'heure du café,
pris en commun dans l'ancien " lieu de vie ". Les décorations
de Noël sont restées en place, le sapin et la crèche
sont intacts.
Des petites choses. J'emprunte ces mots à Walter Hesbeen
qui parle joliment de l'infirmier " professionnel spécialiste
en petites choses
penser le petit pour accéder au plus
grand
". Mais ces petites choses étaient justement
impensables il y a six mois de cela. Et elle est là, la nouvelle
Oasis.
Marie
Pascale REGNARD, surveillante de l'Oasis
Adolescents et tentatives de suicide
Comment éviter la récidive ?
Centre
Hospitalier Montperrin
Adolescents
et tentatives de suicide, comment éviter la récidive
?
Venant
derrière les accidents de la circulation, le suicide des
jeunes de 15 à 24 ans est désormais un des problèmes
majeurs de santé publique en France : 800 décès
par an, soit 16% de la mortalité de cette classe d'âge.
Les chiffres, toujours difficiles à évaluer, des tentatives
de suicide donnent une ampleur considérable au phénomène,
si l'on considère qu'une première tentative de suicide
s'avère être le facteur prédictif le plus probant
d'une récidive : 7 % des 11-19 ans scolarisés ont
fait une tentative de suicide (1. Choquet) et le taux de récidive
oscille entre 10 et 40% notamment dans l'année qui suit la
première tentative, avec un risque majeur dans les six premiers
mois. Toutes les enquêtes récentes l'attestent, il
existe une corrélation entre les idées suicidaires
et un geste suicidaire : 41% des jeunes ayant eu des idées
suicidaires ont tenté de se suicider contre 1% seulement
chez ceux n'ayant pas déclaré en avoir (2. O.R.S.).
Reçus généralement dans les services d'urgence,
les jeunes auteurs d'une tentative de suicide, une fois le risque
létal écarté, ne bénéficient
pas tous, loin s'en faut pas, d'une prise en charge adéquate
: près de neuf adolescents sur dix (3. Alvin) ne donnent
en effet pas suite à leur hospitalisation, retournant dans
leur famille sans aucun suivi. Prosaïquement, on constate que
la plupart des adolescents qui ont déjà fait une tentative
de suicide, bien qu'ils risquent d'en effectuer une deuxième,
souvent plus grave, s'évanouissent dans la nature !
La
lutte contre la récidive
Ce constat général, dont en on n'évoquera pas
ici les causes, fait écho à notre pratique de CMP
: après une tentative de suicide, les adolescents, et ce
n'est déjà pas la majorité, viennent généralement
à leur premier rendez-vous, voire à quelques séances.
Puis, bien qu'entrant dans la période la plus critique en
termes de récidive, ne donnent plus de nouvelles, malgré
nos sollicitations épistolaires ou téléphoniques.
Dans ces conditions, les équipes de soin tentent d'imaginer
des dispositifs dont le premier des objectifs serait naturellement
de réduire le nombre des adolescents qui échappent
à toute prise en charge.
C'est dans cette optique de lutte contre la récidive que
le CMP Adolescents a mis en place, en collaboration avec le Centre
d'Accueil Permanent de 48 heures maximum (CAP 48) d'Aix, un dispositif
d'intervention innovant. Dorénavant, l'équipe du CAP
48 fait systématiquement appel à nous dès qu'un
adolescent, suite à une tentative de suicide, entre dans
le service. Nous avons donc 48 heures pour venir rencontrer l'adolescent
et sa famille au cours de l'hospitalisation courte qui lui est proposée.
En effet, si une unité d'hospitalisation spécialisée
pour adolescents devrait ouvrir fin 2002, pour l'heure, l'hospitalisation
au CAP 48 des adolescents suicidants permet d'éviter, autant
que faire se peut, des hospitalisations en services de psychiatrie
adulte. Parfois, des soins hospitaliers s'avèrent indispensables,
en cas de symptomatologie dépressive sévère
ou de troubles évolutifs de la personnalité, en particulier
lors de manifestations dissociatives manifestes. Dans la plupart
des cas, c'est l'hospitalisation au CAP 48 qui est retenue à
partir des urgences somatiques par le médecin psychiatre.
Un
temps de crise pour la famille
Véritable "détonateur", la tentative de
suicide de l'adolescent, entraîne une mobilisation maximum
dans la famille, provoque des interrogations, des remises en question.
C'est un temps de crise, que nous considérons comme fécond
et particulièrement propice au nouage d'un lien et, donc,
à l'amorce d'un suivi. Le traitement ambulatoire investi
dans un après-coup nous semble lié à la collaboration
des deux équipes. En effet, les professionnels du CAP 48
travaillent l'accueil de l'adolescent et de sa famille, préparent
le relais vers notre équipe, favorisent notre venue, la rencontre,
le lien et le suivi. Ils concourent à la "passation
de transfert". Et, effectivement, la pratique nous indique
que ces adolescents rencontrés au CAP 48 suite à une
tentative de suicide viennent aux rendez-vous fixés au CMP
Adolescents, investissent l'espace thérapeutique aménagé
et négocié avec eux.
Le moment de crise déclenché par le passage à
l'acte est suivi d'un temps d'apaisement durant lequel l'équilibre
familial se reconstruit. Accalmie des tensions et des réaménagements
positifs qui ne vont pas sans entraîner une conséquence
prévisible : régulièrement, nous nous heurtons
alors à la réticence des adolescents ou des parents
à poursuivre le suivi : "tout est résolu",
ou en tout cas traité au sein de la famille. Le danger semble
être écarté, c'est la banalisation du geste
suicidaire qui reprend le dessus. Dans ce deuxième temps,
la gravité du geste est souvent niée par la famille,
d'autant que l'adolescent en suivi commence à interroger,
à déranger l'équilibre retrouvé.
Un
contrat de rencontres
Devant cette expérience répétée d'adolescents
qui abrègent la prise en charge au bout d'un temps jugé
par nous beaucoup trop court, nous avons pensé mettre en
place un contrat de rencontres minimum sur une année qui
nous autoriserait à maintenir un lien avec l'adolescent suicidant
et sa famille. En effet, si les parents d'un adolescent mineur nous
informent que leur enfant interrompt le suivi, nous n'avons aucun
autre recours que de leur dire que nous nous inquiétons pour
lui !
Nous avons donc imaginé qu'en offrant aux parents et à
l'adolescent suicidant un contrat de rencontres sur une année,
et notamment lors de la rencontre au CAP 48, la mobilisation de
chacun est telle qu'un engagement peut se négocier. Des rencontres
ponctuelles, étalées sur l'année, autorisent
les professionnels à maintenir un lien leur permettant d'évaluer
la souffrance de l'adolescent et de sa famille, et tenter de prévenir
une récidive.
Ces rencontres, selon nous, permettent de maintenir l'engagement
de l'adolescent dans sa quête de sens par rapport à
son passage à l'acte suicidaire. Il offre l'occasion d'évaluer
le déni familial et peut-être de reprendre l'importance
et le sens de la tentative de suicide de l'adolescent avec les parents.
Surtout, il maintient l'existence d'un tiers extérieur à
la famille qui garde ouverte la question de l'acte suicidaire, signifiant
que des professionnels sont suffisamment concernés par la
gravité de l'acte suicidaire pour garder le lien. L'idée
principale qui motive l'équipe est la nécessité
de maintenir un lien dans la continuité, en opposition au
passage à l'acte, processus de rupture du lien.
Le
contenu et la forme du contrat
Nous proposons à l'adolescent et à sa famille un contrat
signé d'engagement de rencontres, au CAP 48. Ce contrat comporte
six entretiens minimum qui recouvrent l'année qui suit le
passage à l'acte.
Temps 0 : premier contact au moment de la crise, CAP 48
Temps 1 : rendez-vous la semaine suivante
Temps 2 : rendez-vous à 1 mois
Temps 3 : rendez-vous à 3 mois
Temps 4 : rendez-vous à 6 mois
Temps 5 : rendez-vous à 9 mois
Temps 6 : rendez-vous à 12 mois.
C'est un contrat écrit qui est signé par les trois
parties concernées : l'adolescent, ses parents (ou substituts
parentaux) et les professionnels présents. Le choix sera
alors discuté entre des rendez-vous dans les locaux du CMP
Adolescents et des visites à domicile, choix notifié
sur le contrat. Ce contrat s'appuie donc sur l'accord donné
par l'adolescent et ses parents au moment de l'entretien au CAP
48. L'engagement sera clairement explicité : il correspondra
à des rencontres pour "faire le point", aux dates
choisies ensemble.
Les professionnels restent garants du cadre des rencontres. Des
rappels de dates se font par courrier, 15 jours avant le rendez-vous
prévu. S'il n'est pas respecté, un contact téléphonique
avec l'adolescent et ses parents est prévu. L'idée
est de signifier la mobilisation des professionnels même si
la rencontre est finalement refusée. Ce contrat est proposé
dans tous les cas de figures, même si l'adolescent et sa famille
acceptent une prise en charge psychothérapeutique au CMP
ou ailleurs, en cas d'hospitalisation, ou de placement en urgence
dans un lieu d'hébergement.
Les référents du contrat sont des professionnels de
l'équipe du CMP Adolescents (infirmiers, psychologues, assistante
sociale et éducatrice) qui ont rencontré en binôme
l'adolescent et ses parents au CAP 48, et qui assureront le suivi
sur l'année. Le but recherché est de parvenir à
établir un lien de confiance avec l'adolescent et sa famille,
évaluer la souffrance et le danger, les risques de récidives,
avec la possibilité de les accompagner vers une prise en
charge psychothérapeutique si cela s'avère nécessaire.
En tout état de cause, cette démarche se situe dans
un processus de suivi d'une situation prise dans sa globalité
et dans son évolution.
A l'heure actuelle, l'expérience débute. La dizaine
de contrats proposés depuis septembre 2001 montre l'intérêt
des familles qui s'en emparent. Ce dispositif nous offre la possibilité
de faire régulièrement le point avec les familles
qui s'y prêtent volontiers. Nous observons que parents et
adolescents "profitent" de cet espace de rencontres pour
travailler le lien et la mise en mots, osent peu à peu se
parler. Les rencontres nous permettent notamment de reprendre la
culpabilité, l'inquiétude sur l'éventualité
d'une récidive, la présence et l'intensité
des idées suicidaires.
Cette première analyse reste prudente, nous ne sommes qu'au
début d'une démarche expérimentale, qui fait
par ailleurs l'objet d'une recherche psychosociale à la faculté
d'Aix.
L' équipe du CMP Adolescents du Docteur Rousselot
Brigitte Martel Gimenez, infirmière
Frédéric Mossé, psychologue
S. I08.
Bibliographie
1. Choquet M., 1998. "Suicide et adolescence
: acquis épidémiologiques : acquis épidémiologiques."
Article spécial, Pédiatrie, vol.1.N°4.
2. O.R.S.PACA. "Le suicide et les tentatives de suicide en
Provence-Alpes-Côte d'Azur. Nov.2001.
3. Alvin P., 1999. "Conduites suicidaires chez les adolescents.
10 questions parmi d'autres." in "Souffrances et violences
: psychopathologie des contextes familiaux." Harmattan, p.197-207.
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